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vendredi 25 septembre 2009

Festivals

Bassidji continue sa carrière dans les festivals internationaux Lire la suite ...


vendredi 25 septembre 2009

Sortie en salles!

Bassidji sera dans les salles de Suisse romande dès le 14 octobre 2009 Lire la suite ...


jeudi 10 septembre 2009

Bassidji à Toronto

Sélectionné dans la section Real to Reel Lire la suite ...


lundi 07 septembre 2009

Bassidji dans Libération

Suite à la projection de Bassidji aux Etats généraux du film documentaire de Lussas, Libération consacre une page au... Lire la suite ...


Mehran Tamadon

Mehran Tamadon

Architecte et réalisateur iranien, Mehran Tamadon est arrivé en France à l'âge de 12 ans, en 1984. Il s’est formé à l’Ecole d’architecture de Paris - La Villette, dont il sort diplômé en 2000. En 1999, il participe à la création de la revue L’Arrosoir, consacrée aux problématiques de la ville et du territoire. Au début des années 2000, il repart vivre quatre ans en Iran et se consacre à son métier d’architecte, concevant un immeuble et construisant une maison individuelle à Téhéran.

A partir de 2002, il donne à sa carrière une orientation résolument artistique. Lors de l’exposition d'art conceptuel du Musée d’art contemporain de Téhéran, il monte l'installation artistique «Le regard d’un flâneur». Il publie également deux essais en langue persane (Moments d’agonie, 2003 et L’amitié, 2005), puis réalise, en 2004, son premier moyen métrage documentaire, Behesht Zahra, Mères de Martyrs, présenté dans de nombreux festivals internationaux. Bassidji (2009), consacré aux défenseurs de la République islamique d'Iran, est son premier long métrage documentaire.

Note d'intention du réalisateur

En 2000, seize ans après mon arrivée en France, j’ai décidé de partir vivre quelques temps en Iran pour mieux connaître mon pays d’origine. En 2002, par un concours de circonstances, j’ai pu assister à une cérémonie de deuil national en l’honneur de l’Imam Hossein, le troisième imam chiite mort en martyr à Karbala, il y a 1300 ans. Durant plusieurs heures, je me suis retrouvé sous une tente où des bassidjis s’étaient réunis pour leurs dix nuits de deuil traditionnelles. Les bassidjis sont, à l'origine, d’anciens combattants de la guerre Iran/Irak (1980-1988) qui se battaient contre l’ennemi tout en espérant mourir en martyr. Tout autour de la salle étaient exposés des photos des martyrs de la guerre, des maquettes reconstituant des batailles, des objets de soldats disparus.

J'étais à la fois étonné et agacé : quatorze années après s’être terminée, la guerre était encore omniprésente. On la retrouvait partout dans le discours et l'espace public : dans des expositions comme celles-ci, à la télévision iranienne, sur les fresques représentant les martyrs dans les rues de Téhéran...

Au cours de cette nuit, j'ai eu une longue discussion avec l'un des bassidjis à peu près du même âge que moi. Intrigué, j’ai cherché à mieux connaître ce milieu. En quelques mois, entre moi et quelques-uns des bassidjis, une relation est née. Je suis allé chez eux ; ils sont venus chez moi, où ils ont eu l’occasion de connaître mon monde et même de rencontrer certains de mes amis.

J'ai poursuivi ma démarche, rencontré d'autres bassidjis, encore plus convaincus, plus dévoués à la cause de le République islamique et j'ai compris qu’on ne pouvait pas appréhender la société iranienne d’aujourd’hui sans réellement comprendre qui ils sont.

Le Bassidj est très ancré dans la société iranienne, il l'innerve littéralement. Sa présence dans tous les quartiers de la capitale et des villes de province, notamment autour des mosquées, signe l’omniprésence du pouvoir. A travers le Bassidj, le pouvoir s’inscrit très profondément dans le quotidien : il est présent dans les plus petites ramifications des villes et son assise populaire est à la fois démontrée et entretenue. Omniprésent et très bien structuré, le Bassidj est capable, par exemple, de faire vacciner 100% des enfants de moins de six ans en un jour. Il peut aussi intervenir partout et rapidement à la demande du pouvoir pour réprimer des troubles ou des contestations et fait également remonter vers lui  les informations de la base.

Le regard de l’extérieur étant souvent radical, figé et abstrait, j’ai choisi de pénétrer à l’intérieur du monde des bassidjis pour mieux comprendre les paradigmes qui les animent. Et pour cela, il faut oser entendre ce que l’autre a à dire.

Ce film est une tentative de rencontre et d’échange entre des individus que tout oppose et qui appartiennent pourtant à la même société : les éléments le plus radicaux de la République islamique et moi, iranien de la diaspora, intellectuel, athée, vivant en France. Ce film est à la fois un projet social et politique et une quête individuelle – la mienne – qui, je l’espère, sera également celle du spectateur.

Tout au long de cette quête, malgré mes craintes, je me suis toujours efforcé de poser de vraies questions, de donner honnêtement mon avis tout en répondant moi aussi aux questions qui m’étaient posées. J’ai vraiment tenté de renouer, malgré les oppositions fondamentales et les désaccords insurmontables, une discussion que des personnes appartenant à une même société se doivent d’avoir entre elles si elles ne veulent pas être des bêtes les unes pour les autres et si la survie de leur société, de leur culture, de leur monde leur importe… J’ai ainsi toujours évité la critique directe pour favoriser l’écoute tout en affirmant ma différence et assumant qui j’étais et ce que je pensais. J’ai établi un dialogue direct, franc et transparent avec des gens qui ne s’expriment habituellement que dans les limites du discours officiel.

En ce sens, mes nombreux aller-retour en Iran, mes innombrables rencontres, l'épisode de la confiscation provisoire de mes premières cassettes par les Renseignements généraux iraniens, les échanges intenses et les moments de fête partagés, se sont avérés être un chemin, un projet personnel tout aussi important que le film lui-même.