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Qui sont les Bassidjis?
Bassidji signifie, en persan, être mobilisé pour défendre une cause.
Cette figure devient importante après la Révolution et se cristallise pendant la guerre contre l'Irak. Dans les écoles et les mosquées, on encourageait des centaines de milliers de jeunes à partir au front ; on les appelait les bassidjis.
En quelques années, cette organisation populaire se formalise et devient officiellement la Force de Résistance de Bassidj. Après la guerre, il continue à exister et drainer une population de jeunes religieux. A la fois organisation militaire, structure de militantisme politique et lieu d'activités citoyennes et sociales, le Bassidj est le principal pilier de soutien populaire au pouvoir de la République islamique. Il se veut aussi le défenseur d'une société islamique vertueuse : aide aux plus démunis, mobilisation générale en temps de crise (guerre, catastrophe sanitaire, tremblement de terre etc.), promotion des valeurs religieuses et police des moeurs.

C'est dans cette dernière fonction que les bassidjis se sont révélés être des organes de répression particulièrement efficaces envers une partie de la population qui ne se reconnaissait pas dans le système religieux mis en place après la Révolution. Pour les iraniens non religieux ou opposants au régime, ils sont de ce fait, synonyme de répression et d'intolérance. Ils sont souvent perçus comme de jeunes complexés fanatiques, de petits dictateurs faisant des "descentes" dans les rues des villes pour contrôler le port strict du voile ou encore les jeunes couples non mariés.
Le système d’organisation du Bassidj, présent dans tout le pays, est très décentralisé et hiérarchique. Le quadrillage d'une ville comme Téhéran, par exemple, est structuré autour de plusieurs Départements de Bassidj, qui contrôlent des Centres d’organisation de Bassidj, qui contrôlent à leur tour plusieurs dizaines de Bases de Résistance de Bassidj. Ces Bases sont la plus petite unité d’organisation du Bassidj à l'échelle du quartier. Elles sont pour la plupart placées à l’intérieur ou à proximité des mosquées, dans les universités, les administrations, etc. Signe de l’omniprésence du pouvoir, le Bassidj est de ce fait très ancré dans la société iranienne.
C'est aussi une organisation complexe, lorsqu'on sait que les Bases et les Départements de Bassidj dépendent à la fois de l'armée et du ministère dans lequel ils se trouvent. Par exemple, le Bassidj de l'aéroport de Téhéran est rattaché au Ministère des Transports et celui de l'université au Ministère de l'Enseignement supérieur. Ce double système de dépendance incarne la coexistence des pouvoirs qui caractérise le régime politique iranien.

